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  • naylaotayek@wanadoo.fr Pas plus pas moins, si j'élague c'est que l'ombre a tendance à absorber ma contenance, autant choisir où laisser ses traces avant que les imprévus du temps ne laissent tout cela s'évanouir avec les souvenirs.

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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 21:52

 


Dégringolade sur terrain plat, à deux mètres de mes pieds il m’embroche pour mieux guider ma chute, et sans un mot c’est l’union de deux cœurs au détriment d’un seul. Car on a beau imaginer, tenter de saisir l’indicible, il ne nous offrira jamais qu’une voix que l’on a déjà entrevue, même en fermant les yeux. Mais je me refuse à leur accorder tout le sens, à ces derniers qui manipulent l’âme quand les signes manipulent la pensée. La preuve par deux avec en annexe tout ce que l’on devine par l’intuition dans ce labyrinthe où on ne peut jouer à cache-cache qu’avec nous même.

Puis vint le trouble et l’effroi sans qu’il ne soit nécessaire de commettre un crime pour subir le châtiment. En est-ce alors réellement un ? La causalité par maintes actions et silences, on tourne en trois parties distinctes qui ont pour seul lien l’amour de la chair dissimulant l’amour du prochain.

Pas besoin du second pour être induit en erreur, il suffit bien d’être.

On brade les mots mais on ne me fera jamais croire qu’on peut brader les actes. Bien pesé dans la balance, c’est d’ailleurs pour cela qu’on en fait l’économie. Car si l’on accepte l’erreur en y trouvant un chemin vers la morale, pourquoi ne pas éviter les premiers pour toucher au plus près le second. Il est bien plus facile de s’excuser que d’agir, et comptons dans l’action ce qu’elle comporte d’inaction.

On tourne mais beaucoup en rond, et quand on croit avoir mis fin à l’épisode, c’est en fait pour mieux poursuivre la vie dans le suivant.

Seul le nom change.

 

Je pleure souvent avant même qu’on ne m’ait lâché la main, par peur de subir seule l’apesanteur. Je remercie pourtant le silence de ne jamais me faire rebondir, et quand vient le soir, dans le déclin de la lumière et dans le murmure des prières au néant, alors mon seul vœux est de me réveiller en un autre lieu, un autre temps et un autre corps, et pourtant, quand vint le jour nouveau, et que je constate que j’ai changé de corps, de temps et de lieu, mon plus grand malheur est de toujours me reconnaître.

Sur les buvards encore vierges, seul le nom a changé.

 

Il n’y a vu que du feu alors que je me débattais sous ses yeux dans une tornade sans issue. Je sais mentir en face, mais je ne vous regarde jamais dans les yeux, et je joue des mots pour apaiser les vôtres. Il ne s’agit pas de ne pas mélanger les matières, il est juste impossible de le faire.

On vaque à ses occupations et la route se bétonne toujours plus, ce qu’on ne voit pas en la parcourant ce sont les empreintes calcinées qu’on y laisse alors qu’il suffirait juste de…

Au carrefour, prenez à droite. Au carrefour prenez à gauche. Nouvelle rencontre et route ta bille, car si tu ne penses pas me retrouver à tes côtés une nouvelle fois c’est que tu n’as pas bien lu la notice. Il y était bien dit, et ce, dès l’introduction, avant même l’introduction :

« seul le nom change »

 

Deux trains grande vitesse qui se croisent, les lumières des deuxièmes classe chassent la pénombre de la campagne qui encadre cette rencontre fortuite. Les voyageurs se déplacent à rebours, ce qui explique peut être l’instabilité des positions. Tous accoudés au siège du voisin, têtes baissées on se demande toujours si l’un des autres verra notre reflet au plafond. A l’envers ou à contre temps, ni contact ni trace, ce n’est pourtant pas toujours dans la confrontation que naissent les plus beaux sentiments.

Un chez soi le temps d’un voyage, la troisième dimension dans l’entre deux et la pause au wagon restaurant. Soubresaut et tressaillement, j’ai cru reconnaître à l’angle de deux lignes droite celui qui autrefois décidait du rythme et de la présence des cafards.

Je n’ai pas mis longtemps à comprendre, que le chemin de fer me jouait un tour de mémoire en m’aiguillonnant vers l’oubli du passé ou le passé de l’oubli, peu importe, dans le brouillard il est inutile de compter ses pas mais préférable de danser dans les marécages si on ne peut les éviter. Route à rallonge, ne mélangeons pas la gare de départ et la maison d’arrivée. Mais on s’en doutera, le pion du siège 43 voiture 16 ne peut avancer et lancer les dés en même temps. On ne choisit pas son camp, il ne choisit pas pour nous non plus. Alors quoi ?

Ne pas fuir la danse, ne pas penser à descendre du wagon en marche, au prochain virage je tomberais sur le siège voisin et je dirais pardon à l’absent, avant d’ouvrir un nouveau livre et d’oublier son absence entre les lignes cousues de mots noirs.

Car quelque soit l’auteur, il n’y a qu’à retenir que seul le titre change, et que les labyrinthes ne sont pas le fruit de la seule nature.

 

Mon thé russe me l’avait dit ce matin, entre le croissant et la brioche, il m’avait bien dit de faire attention et de souffler avant de porter à mes lèvres ce qui brûlera le palais de mes envies. Il me l’avait dit, celui de ce matin, celui d’hier, celui de la semaine dernière, on compte à rebours mais n’allons pas trop loin. Il m’a même pas dit bonjour, on prophétise avant de comprendre, on prévient avant de s’inquiéter.

Les remèdes de grand mère ne marchent pas toujours, il ne me reste plus que cette journée pour oublier cette douleur encore en bouche. Encore une fois, comme il dirait, encore une fois, ni la saveur ni la douleur ne changent. Vous le savez bien, seul le nom….

 

 

 

"Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent leurs noms."

Jean Jaurès

Par Fake - Publié dans : faketotum
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